Archive pour le mot-clef ‘Pie XII’

ILS L’ONT DANS LE BABA

Dimanche 20 décembre 2009

Autrefois, il y a une ou deux générations, autrement dit un abîme, on disait : « Ils l’ont dans le cul, la balayette». Bien sûr, l’expression était grossière, violente, mais enfin, c’est celle qui convient aujourd’hui. Depuis son élection, l’ancien membre des Hitlerjugend Ratzinger s’est prosterné devant les juifs. Mais non pas, sans doute, prostitué. Il a obéi aux réclamations des juifs. Il s’est précipité dans les synagogues (antres de Satan, pour ses prédécesseurs), il a fait le voyage en Terre Sainte, en avalant des couleuvres mais en faisant aussi quelques gestes d’indépendance, qui faisait « froncer les sourcils » de quelques-uns des petits maîtres du monde, qui se croient tout permis.

Dans sa lutte séculaire contre l’Eglise catholique, le judaïsme organisé avait, depuis une quarantaine d’années, balisé son champ de bataille: le pontificat de Pie XII, inauguré à la veille de la seconde guerre mondiale. Pie XII avait été nonce en Allemagne, parlait allemand et connaissait la politique allemande. Comme ses prédécesseurs, son souci principal était de protéger autant qu’il était possible la vaste communauté catholique allemande et, surtout, de maintenir en vie l’enseignement catholique dont l’existence semblait insupportable aux dirigeants nazis qui ne la contrôlaient pas. Dans la lutte du faible contre le fort, Pie XII avait une diplomatie fort active, malgré les énormes pressions qui s’exerçaient sur lui, et qui provenaient de tous les côtés. L’histoire s’est accélérée, Mussolini a édicté des « lois raciales » contre les juifs, la guerre est survenue, les fascistes ont déposé Mussolini et trahi les Allemands en octobre 1943. Ceux-là savaient de quel côté les tartines allaient être beurrées. Les Allemands ont procédé à l’arrestation et à l’évacuation des juifs d’Italie vers le grand centre de triage que fut Auschwitz.

Comme les juifs eux-mêmes, le pape fut pris au dépourvu. Il demanda immédiatement au clergé de cacher les juifs, le plus possible, dans la mesure des disponibilités. Il a pensé qu’il ne srvirait à rien de se donner en spectacle, de faire le pantin pour énerver encore plus les Allemands, qui rêvaient d’une occasion de se débarrasser de lui. C’est ce que les imbéciles lui reprochent aujourd’hui : de ne pas avoir fait le clown, comme on le fait maintenant à la télé. Crier à l’antisémtisme dans le confort des profonds fauteuils des clubs sionistes est facile. A l’époque, les Allemands étaient encore en chair et en os, ils occupaient le pays, et ils n’étaient pas venus pour rigoler. Et d’ailleurs les grandes gueules juives de l’époque ont soigneusement évité de se faire remarquer.

Pie XII fut un pape très aimé non seulement du peuple catholique, mais aussi du clergé. C’était un homme très intelligent, très cultivé et très sensible. Il fut entouré d’une grande vénération et c’est ce qui explique le mouvement qui demande sa canonisation. Il y a déjà une grande statue de lui en bronze à Saint Pierre-de-Rome. L’entreprise était bien avancée quand Jean-Paul II, matamore polonais qui avait une peur bleue des juifs, arrêta le processus, qui comporte de nombreuses étapes. Les juifs avaient déclenché une véritable guerre: la cause de Pie XII étant populaire dans l’Eglise, les juifs allaient s’installer sur le terrain de la pensée et de la doctrine catholiques, pour faire plier les autorités de l’Eglise, la réduire à moins que rien. C’est un combat engagé depuis le IVe ou Ve siècles, qui a eu des hauts et des bas, et qui n’est pas terminé. Mais on voit bien que depuis deux ou trois siècles, l’Eglise catholique a perdu beaucoup de terrain, a reculé sur presque tous les fronts, mais qu’elle doit encore faires acte de soumission aux juifs, à peu près tout le temps.

Quand le bavarois Ratzinger a été élu pape, on a pu se dire que les moyens de chantage des juifs sur lui étaient tellement forts qu’ils allaient gagner tout ce qu’ils voulaient. Et effectivement, le premier geste de Ratzinger a été de se précipiter à Cologne pour se déguiser en juif. Le spectacle était écoeurant. Mais à quelques signes, on a pu croire qu’il faisait montre d’une certaine duplicité, celle des esclaves qui essaient d’éviter le fouet du maître. La cause de Pie XII, immobilisée par Wojtyla, reprenait son chemin. Les prétendus « experts » juifs, qui désiraient fort saccager l’archive secrète du Vatican étaient priés de la fermer : il n’y avait rien à voir. Il s’est installé une certaine ambiguïté. Jusqu’à ce coup de Jarnac du 18 décembre : profitant de l’occasion de proclamer Jean-Paul II « vénérable », étape obligatoire sur le chemin de la canonisation, Benoît XVI a fait passer Pie XII en douce, sans tambours ni trompettes, et encore en plein shabbat!  La majorité des journaux ne le mentionnent même pas (comme Le Monde). Ils ont peur de se faire fustiger par les juifs et choisissent le silence….

L’Eglise a-t-elle conservé assez de force pour résister aux juifs ? Ou est-ce la ruse ultime avant la reddition complète ? Les révisionnistes, pour leur part, y voient la justification du combat de Paul Rassinier contre l’auteur d’une pièce de théâtre infâme, Le Vicaire, combat poursuivi ensuite par d’autres révisionnistes (tout aussi athées que Rassinier) comme Robert Faurisson. Vous trouverez leurs ouvrages sur le site de l’AAARGH. Noël approche, c’est l’occasion de vous plonger dans ces saintes lectures… Les bonnes nouvelles se multiplient, on dirait…

20 décembre 2009.

LE PAPE ET L’HISTORIEN IDIOT

Dimanche 17 mai 2009

Saul Friedländer vient de publier un nouveau livre sur l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Très fortement relayé dans les média, cet ouvrage évoque à plusieurs reprises l’attitude de Vatican avec, en première ligne, Pie XII. Analyse historique d’un ouvrage intéressant aux thèses néanmoins discutables, par l’historien Frédéric Le Moal.

 

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Ceux qui s’intéressent à la « question Pie XII » connaissent le nom de Saul Friedländer. Grand historien du nazisme, mondialement connu, ce rescapé de la Shoah a consacré sa vie et son œuvre à comprendre les mécanismes conduisant à la monstruosité de l’extermination des Juifs en Europe. [Le Moal est bien bon. FRIEDLÄNDER est un réalité un idéologue de bas niveau, qui fait de l'histoire anachronique et qui cherche encore, 60 ans après la guerre, à se venger des Allemands et des catholiques. ] Il s’est fait connaître par un livre publié dès 1964, intitulé Pie XII et le IIIe Reich. Dans un article diffusé sur le site, Pierre Gelin s’est déjà penché sur cet ouvrage, en mettant l’accent sur la fragilité de ses sources : les rapports de l’ambassadeur von Weizsäcker alors même que les documents diplomatiques du Vatican demeuraient inaccessibles. 

Dans son nouveau et très dense livre consacré à l’extermination des Juifs entre 1939 et 1945 (1), Saul Friedländer consacre plusieurs pages à Pie XII. Au sein des permanences de ses analyses historiques, se dégagent un certain nombre d’évolutions intéressantes à étudier. 

    Il conserve cette sourde hostilité à l’égard de Pacelli décrit comme un homme froid, conservateur, « distant et autocratique », imprégné de sa supériorité intellectuelle – en contradiction avec le portrait tracé par d’autres biographes, favorables ou non à Pie XII, qui insistent au contraire sur sa chaleur humaine, sa sensibilité et sa compassion (2) – , un pontife obsédé par l’anticommunisme, désireux en conséquence de préserver l’Allemagne nazie de la catastrophe, mettant ainsi de côté son horreur du national-socialisme (3). L’auteur reconnaît que Pie XII n’est pas antisémite, et on ne peut que s’en féliciter ! Il maintient par contre qu’il n’éprouve pour les Juifs aucune sympathie, [et pourquoi diable éprouverait-on de la sympathie pour ces ennemis sournois de la chrétienté ? Ce n'est pas hasard que l'Eglise a, bien en vain, fait brûler le Talmud.] mettant ainsi de côté les éléments prouvant le contraire : son amitié de jeunesse avec le jeune juif Guido Mendes (que Pacelli contribue à sauver en 1938), sa participation à un repas de Shabbat et ses discussions théologiques avec des membres de la communauté juive de Rome, ses entretiens en 1917 avec Nahum Sokolow, un des dirigeants du mouvement sioniste, qui a souligné le bon accueil que Pacelli lui a réservé, son intervention auprès des autorités allemandes pour éviter un pogrom turc contre les Juifs de Palestine, toujours en 1917 (4). Et si Saul Friedländer atténue l’opposition entre Pie XI et son successeur (sur laquelle il fondait, de son aveu même, une partie de ses analyses de 1964 et qui le poussait à voir dans Pie XII une « aberration »), c’est pour néanmoins les réunir dans l’antijudaïsme ! Sentiment qui, rappelons-le, n’a pas empêché Pie XI de critiquer très fortement l’interdiction de l’Ancien Testament dans les écoles allemandes, dans des lignes magnifiques de l’encyclique Mit brennender Sorge, rédigée par Pacelli ; et même de lancer « nous sommes spirituellement des sémites »

On ne peut que difficilement suivre Saul Friedländer quand il reprend la fameuse dépêche de l’ambassadeur Weizsäcker du 17 octobre 1943 – et qui décrit le pape comme prêt à ne pas bouger face aux rafles de Rome – sans expliquer que le diplomate atténue la teneur de son entretien avec le cardinal Maglione, « cherchant à ne pas créer des tensions qui auraient pu aboutir à des représailles » (5). Nous nous contenterons de rajouter que les dépêches de l’ambassadeur britannique, sir d’Arcy Osborne, sont elles aussi à manier avec précaution puisqu’il y atténue volontairement les attitudes favorables aux Alliés exprimées par les responsables du Saint Siège afin de ne pas en compromettre la neutralité. Il sait, en effet, que le services secrets italiens ouvrent les valises diplomatiques (6). 

De même, Saul Friedländer affirme, en reprenant les travaux à charge de Susan Zuccotti, que le sauvetage des Juifs romains ne doit rien aux initiatives papales, en contradiction avec les innombrables témoignages des acteurs de l’époque, le nonce Roncalli (futur Jean XXIII) en premier lieu (7). Comment peut-on vraiment imaginer l’ouverture de Castel Gandolfo aux réfugiés juifs sans intervention du pape ? Comment peut-on sérieusement penser que des couvents, parfois de religieuses cloîtrées, aient pu s’ouvrir sans l’autorisation de leur évêque, le pape ? (8) Une telle action requiert, de la part de ce dernier, une infinie prudence afin de ne pas exposer les religieux et leurs institutions aux représailles des SS (comme ce fut hélas le cas à certaines reprises (9)). Comme le rappelle Andrea Tornielli, il n’existe aucun document prouvant des interventions papales (10). Et pour cause ! Comment en effet imaginer de tels ordres écrits dans une ville occupée par des Allemands ? 

Pour expliquer l’attitude générale de Pie XII, Saul Friedländer abandonne la thèse de l’antisémitisme larvé du pontife et admet finalement celle de la prudence d’un homme effrayé par des protestations publiques dont les conséquences seraient dramatiques. Pour autant, Saul Friedländer nuance immédiatement son propos en portant le débat sur une confrontation entre la politique et la morale qui ne nous semble pas pertinente. Il écrit que le choix de Pie XII serait « raisonnable » seulement dans le cas où l’Eglise se limiterait à une institution purement politique. Or, écrit-il, sa posture morale lui commande, face à des circonstances dramatiques, « de quitter le niveau des intérêts institutionnels pour celui du témoignage moral » (11). [Comme toujours, cet hébreu veut dire à l'Eglise ce qu'elle doit faire... Ces péteux sont sans vergogne.] Cette analyse peut être discutée sur deux points. D’abord, politique et morale, ou plutôt foi, sont, au Vatican, inextricablement liés, la première toujours mise au service de la seconde. Ensuite, qu’entend-on par « témoignage moral » ? Les nombreux discours de Pie XII n’en sont-ils pas ? Que dire de l’action souterraine de sauvetage des juifs persécutés ? des postes offerts à la bibliothèque vaticane aux intellectuels juifs chassés d’Italie ? de la protestation directe auprès du régent Horthy ? des écrits innombrables et absolument sans ambiguïté condamnant le national-socialisme ? des réfugiés de Castel Gandolfo et des couvents romains ? 

       Le nœud de la discussion réside dans la différence d’appréciation de l’attitude pontificale. Pour Saul Friedländer, Pie XII n’a rien fait alors que pour de nombreux autres historiens, il a, au contraire, agi mais pas comme Saul Friedländer aurait aimé qu’il le fît. Son analyse renvoie aux interrogations actuelles sur l’attitude générale des contemporains face au plus grand crime de l’histoire de l’humanité et qui poussent à ériger l’historien en juge, comme le montrent les polémiques sur l’attitude des Américains en 1944-1945. André Kaspi [autre sommité de la nullité] agite le danger de l’anachronisme et pose le problème en des termes parfaitement utilisables pour « le cas Pie XII » : « Devons-nous dénoncer, accuser et condamner des hommes et des femmes, avec leurs forces et leurs faiblesses, qui ont cru agir pour le mieux ? Pourquoi n’acceptons-nous pas en 2005 que les nazis portent seuls la responsabilité d’un crime contre l’humanité ? Sommes-nous contraints de sombrer dans la repentance ? Le débat sur le bombardement d’Auschwitz révèle les complexités de notre temps plus que celles de 1944 » (12) 

Frédéric LE MOAL

(1) Saul Friedländer, L’Allemagne nazie et les Juifs. Les années d’extermination, 1939-1945, Seuil, Paris, 2008

(2) Andrea Tornielli, Pio XII. Eugenio Pacelli. Un uomo sul trono di Pietro, Milano, Mondadori, 2007; Michael Payer, La Chiesa cattolica e l’olocausto. L’evoluzione del pensiero ecclesiastico dall’ascesa di Adolf Hitler alla condanna ufficiale dall’antisemitismo nel 1965, Roma, Newton e Compton editori, 2001, p.9.
(3) Saul Friedlander, op. cit., p.115.
(4) Andrea Tornielli, op. cit., p.23-25 et 69-71.
(5) Andrea Tornielli, op. cit., p.420.
(6) Owen Chadwick, Gran Bretagna e Vaticano durante la seconda guerra mondiale, Edizioni San Paolo, Roma, 2007, p. 280-281. 
(7) Voir la somme de témoignages rassemblés par David Dalin, Pie XII et les juifs. Le mythe du Pape d’Hitler, Tempora, Perpignan, 2007, p.124 et suivantes.
(8) Voir à ce propos les travaux de Michael Tagliacozzo, cités par David Dalin, p.126-127.
(9) Pierre Blet, Pie XII et la Seconde Guerre mondiale d’après les archives du Vatican, Perrin, Paris, 1997, p.246.
(10) Andrea Tornielli, op. cit., p.424-425.
(11) Saul Friedländer, op. cit., p.704-705.
(12) André Kaspi, « Fallait-il bombarder Auschwitz ? » in L’Histoire, n°294, janvier 2005.

Le blog consacré à Pie XII

http://www.pie12.com/index.php?2008/04/07/85-saul-friedlander-et-pie-xii