Archive pour le mot-clef ‘amerloques’

OBAMA, TRISTE PANTIN BUSHISTE

Mercredi 2 décembre 2009

par Serge Thion

Le 2 décembre 2009, le président Obama a montré ce qu’il valait comme homme et comme politicien : il a répété tous les mythes fabriqués par les néo-cons bushistes, comme quoi, en 2001, dix-neuf Arabes, venus des confins afghans, ont attaqué l’Amérique. Il a enveloppé tous cet affreux tas de mensonges dans la rhétorique des « valeurs américaines », vieille litanie qui lui a valu son élection. Il a rappelé que la guerre d’agression contre l’Afghanistan (l’un des pays les plus pauvres du monde) a été votée à l’unanimité par le Sénat et à l’unanimité moins une voix à la Chambre des Représentants, et que « cette autorisation dure encore ». Et il a dit qu’en tant que commandant en chef, il avait déterminé que la situation demandait l’envoi de 30.000 soldats supplémentaires. Le nombre de mensonges avérés qu’il a débité en une demie heure est impressionnant : sur Al Qaida, sur les Afghans, sur Karzai, sur le Viêt-Nam: cet homme est une machine à débiter les lieux communs qui servent à à financer l’agression généralisée. (Nous ne cherchons à dominer personne…). TOUS les mensonges de Bush sont repris et réactualisés par celui qu’on sera désormais tenté d’appeler Ubu-ama. Il n’y aura pas de victoire militaire en Afghanistan…, et il va même jusqu’à renoncer à la croyance bovaryste en la « nation-building » chez les Afghan, pour qui le mot « nation » reste une énigme profonde. 

Nous avions eu l’occasion de noter qu’au cours de sa campagne, Obama s’était montré beaucoup plus belliciste que McCain, issu lui d’une dynastie militaire et qui a payé le prix pour savoir ce qu’est la guerre. Il avait en particulier dit qu’il fallait étendre la guerre au Pakistan s’il s’avérait que les Talibans jouissaient là de fortes complicités. Il s’est contenté de dire hier que l’armée pakistanaise avant lancé des offensives sans précédent. Il n’a pas parlé des massacres causés par les drones américains.

C’est toujours la même chose. Quand les militaires américains, embourbés avec leur gros matériel, commencent à se faire étriller, ils réclament des renforts. Si on ne leur envoie pas, ils menacent de se retirer et de tout laisser tomber: c’est ce qui s’est passé au Viêt-Nam. Après l’offensive du Têt, le général Westmoreland, commandant en chef au Viêt-Nam demanda un renfort de 400.000 hommes (à ajouter aux 550.000 déjà sur place). C’est là que le président US a crqué; il a renoncé. Il a fallu encore cinq ans pour tout remballer et accepter la plus énorme défaite que les Etats-Unis aient jamais subis. Obama vient de choisir de subir une grosse défaite plus tard, plutôt qu’une petite maintenant. L’opinion américaine s’est retournée : les Américains se foutent de l’Afganistan comme de leur première chaussette. Ils sont prêts à passer cette sinistre tartarinade par pertes et profits (ces renforts vont coûter une trentaine de milliards de dollars). C’est pourquoi UBuama leur serine qu’il s’agit de « leur sécurité ». Comment un pays de loqueteux et de gardiens de chèvres pourrait-il menacer la forteresse Amerika ?

Certains ont dit qu’Obama était le produit d’une certaine partie du lobby juif aux Etats-Unis. Peut-être.  Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’il est le produit du lobby militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde l’Amérique, le 17 janvier 1961. Ce vieux singe avait raison. Ce lobby a récupéré sa place proéminente en 2001. Il a relancé la guerre tous azimuths, il a fortement contribué au déficit abyssal qui entraîne la crise économique. Obama a été élu pour mettre un terme au spectacle lamentable du débile mental nommé George Bush. Mais on voit maintenant qu’il en reprend les antiennes, qu’il envoie des renforts massifs (qu’il n’a d’ailleurs pas sous la main) et qu’il sera, dans cette logique, amené à intervenir de plus en plus au Pakistan. C’est ainsi que l’Amérique, au grand soulagement des peuples du monde, finira par s’auto-détruire.

Quant à Sarközy, il va faire comme d’habitude : le toutou qui fait où on lui dit de faire.

LES AMERLOQUES SONT FOUTUS

Vendredi 22 mai 2009

POURQUOI LES AMERLOQUES PERDENT ET PERDRONT
LA GUERRE EN AFGHANISTAN.

 Pour comprendre pourquoi et comment les Yankees perdent en Afghanistan, il suffit de les suivre sur le terrain, comme vient de le faire un envoyé spécial du Monde, Rémi Ourdan (journal du 21 mai 2009). L’article s’intitule « Joe contre le taliban invisible » (avec des coupures) 

Deux mois après son arrivée en Afghanistan, dans la province de Paktika, le 501e bataillon aéroporté veut en découdre avec ces talibans qui le narguent. [Pensons à leurs prédécesseurs : les Soviétiques, les Anglais (avec des troupes indiennes), les Mongols, qui ne prenaient que le villes, Alexandre, qui évitait soigneusement les montagnes et prenait les vallées en passant... En fait, personne, à part les Soviétiques, ne s'est mis en tête d'occuper le centre montagneux du pays.]

L’opération a été planifiée depuis des semaines. La compagnie « Blackfoot » doit lancer un assaut aérien sur les montagnes qui surplombent la passe de Gwashtah et fouiller les villages alentour, repaires d’insurgés. La compagnie « Comanche », embusquée dans les environs, doit tenter de tuer ou de capturer les rebelles qui ne manqueront pas de fuir. Les hommes du 501e ont, pour cette mission, l’appui d’avions, d’hélicoptères, de drones.

Et ils ont un appât, alléchant. Un convoi logistique d’une centaine de blindés et camions doit partir de Wazi Kwah, le fortin de la compagnie « Apache », au sud, traverser la passe de Gwashtah, remonter vers Khvoshamand et Sharana, au nord. La passe de Gwashtah est, dans ce Sud-Est afghan, l’un des cauchemars des forces de l’OTAN : à chaque passage de convoi, des dizaines de mines explosent, des camionneurs afghans sont tués, et les soldats américains, mieux protégés par le blindage, le plus souvent blessés. [On pense immédiatement à l'Indochine, à la RC 4 (Route coloniale) dans les montagnes du Tonkin, à proximité de la frontière chinoise. Convoi après convoi, les troupes françaises et coloniales passaient d'une embuscade à une autre pour finalement abandonner le terrain au Viêt Minh, après de lourdes pertes].

Les talibans, revenus du Pakistan avec le printemps, y mènent des opérations qui épuisent le 501e, paralysant convois et patrouilles. Rompus aux techniques de guérilla, les insurgés se montrent rarement. Face à la puissance de feu américaine, ils fuient les combats directs. Ils enterrent des explosifs sur les routes, et tirent au lance-roquettes depuis les collines. Ils font mouvement la nuit en motocyclettes. Ils bénéficient du soutien ou du silence des villageois de la région, de rudes Pachtouns soit acquis à leur cause, soit terrorisés par la peur de représailles. Autour de la passe de Gwashtah, même s’ils sont invisibles, les talibans semblent régner en maîtres. [Si c'est la situation après 6 ans de guerre otano-américaine, on peut considérer que les Talibans ont gagné. Ils n'ont qu'à attendre l'épuisement moral, politique et financier de leurs adversaires, qui n'auront ni leur patience ni leur endurance. Toutes les guerillas ne gagnent pas, mais si elles démontrent qu'elles peuvent croître malgré les ratissages, les bombardements, les opérations "search-and-destroy", alors elles tiennent le bon bout. Le parallèle avec le Viêt-Nam est frappant.]« Comanche » se met en route. Le capitaine Connor est à la manœuvre. A chaque arrêt au sommet d’une colline, ses hommes déploient une station d’écoute, afin de capter les communications par talkies-walkies des talibans. Deux interprètes, des Afghans-Américains, traduisent. Les services de renseignements leur ont communiqué les codes des insurgés : « eau » pour munitions, « nourriture » pour explosifs…

L’unité du lieutenant Goble, dès qu’une intensification des communications ou un mouvement ennemi est repéré, est envoyée en première ligne. « Tuer ou capturer des talibans, c’est notre tâche, assure Goble. Espérons qu’on en croisera. » Ils sont seize hommes, seize « Joes », comme ils se surnomment, accompagnés de deux policiers et de deux interprètes afghans pour les fouilles de villages. Seize gamins du sud des Etats-Unis pour la plupart, fraîchement débarqués des neiges d’Alaska, où le 501e a sa base. [Des gens du Sud! Il faut rappeler que le Sud est le lieu de la plus forte concentration de baptistes, la secte la plus arriérée du monde chrétien (30 millions d'abrutis). En terme de bêtise, le Sud américain bat les records du monde. C'est aussi pourquoi c'est le principal réservoir de soldats du pays.] Des hommes d’à peine 20 ans encadrés par deux sergents. Le sergent Pressler, vingt ans d’armée, un taiseux qui peut passer des heures à scruter l’horizon en silence, les sens aux aguets, à la recherche du moindre indice d’une présence ennemie. [Image tirée d'un western] Et le sergent Boutot, un jeune guerrier déjà très expérimenté, hanté par ses batailles en Irak, « les copains qu’on a retrouvés les tripes à l’air, les yeux sortis des orbites au couteau », les hommes de sa section qui ont été fait prisonniers à Kerbala et qu’il a perdus. [Bien fait pour eux. Ce n'est pas les gens de Kerbala qui avaient demandé aux Américains de venir tout casser chez eux.]

Les raids sont incessants. Jour et nuit. La moindre conversation suspecte, le moindre passage d’une motocyclette, [la vie normale, quoi] et le capitaine Connor contacte le lieutenant Goble par radio. « Foncez sur tel village. Vite ! » Les fouilles se succèdent, devant des hommes afghans ombrageux au regard fier. Certains, qui en ont vu d’autres dans ce pays en guerre depuis trente ans, s’efforcent de sourire et d’offrir le thé aux « visiteurs ». Les femmes se cachent derrière leurs voiles colorés. Les enfants ont peur. [On a vu des dizaines de ces scènes en vidéo. "Taliban pas bon" s'égosille l'officier américain. Les vieux lissent leur barbe passée au henné et approuvent en jetant des regards malicieux. Mais ils ne disent rien.]

Caleb Goble connaît les nouvelles règles, les techniques de la contre-insurrection ordonnées par Washington. « Il faut le minimum d’usage de la force armée, a expliqué le colonel Baker avant le départ. Eviter d’appeler le soutien aérien. Ne pas lancer une bombe pour tuer un taliban, si cette bombe va tuer des civils et créer vingt insurgés de plus. [Mais quand ils sont accrochés, les soldats américains  hurlent pour demander "air support": des bombardements pour nettoyer les environs.] Dans ce conflit où la clé de la victoire est la population, il faut peu à peu l’inciter à soutenir le gouvernement afghan plutôt que l’insurrection. Séparer la population des insurgés. » [Voilà le rêve sans lequel il n'y a pas poursuite de la guerre. Mais pourquoi diable les paysans afghans prendraient le parti d'une bande de pourris à la solde des étrangers, des "kafirs", des infidèles?]

Baker sait qu’il y a eu « beaucoup d’erreurs dans le passé », et il veut que cette année soit « couronnée de succès ». Faire comprendre aux Afghans de la province de Paktika que « l’armée américaine n’est pas une force d’occupation », [Là, c'est le summum de la connerie. Pour nier les évidences de cette façon-là, il faut vraiment prendre les Afghans pour des imbéciles. Et c'est là une erreur grave, vitale] et que les gens, « lassés de la terreur des talibans, de la violence », doivent « se tourner vers le gouvernement » s’ils veulent « retrouver la tranquillité, vivre leur vie ». [On a tenu ce baratin à des millions de Viêtnamiens, déplacés, bombardés, enfermés dans des "hameaux stratégiques". On n'a jamais convaincu personne. Tout le monde savait que la violence, les bombardements, les massacres étaient le fait des envahisseurs américains, qui donnent tous les jours la preuve de leurs brutalités]

Goble applique calmement les ordres. Pendant que ses hommes encerclent les villages, les maisons, fusils d’assaut pointés vers l’hypothétique ennemi, lui parle aux Afghans. « Avez-vous vu passer des talibans ? Y a-t-il des talibans dans votre village ? Savez-vous s’ils ont enterré des explosifs sur les routes ?… Avez-vous une motocyclette ? » Comme presque chaque ferme a une motocyclette, le rituel est immuable. L’engin est sorti d’une remise, on vérifie que le moteur n’est pas encore chaud, puis le propriétaire et sa machine, décorée de bouts de tapis et de fleurs en plastique, sont photographiés. Ensuite l’un des « Joes » scanne l’iris du « suspect », dont la fiche signalétique est immédiatement communiquée par liaison satellite au quartier général. [C'est beau la technologie. Photographier l'iris d'un pauvre plouc... Et les ordinateurs tournent en Californie... C'est le gouvernement du monde qui se met en place. Bientôt ils feront ça aussi à Romorantin et Plougastel, dans le sarkoland.] ] Un autre « Joe » passe les deux mains au détecteur d’explosifs. « Il est clair ! », dit le premier. « Il est clair ! », renchérit le second. Maison suivante. « Avez-vous une motocyclette ?… « 

Les soldats du 501e pestent. « Putains d’Afghans. Je suis sûr qu’ils sont talibans ici ! », dit l’un. « Tu as vu ses souliers vernis ?, remarque assez justement son camarade. Et il veut nous faire croire qu’il revenait de cultiver son champ ? » Les souliers vernis sont souvent la marque, outre des coquets, de ceux qui reviennent du Pakistan et exhibent leurs nouvelles parures. [On ne voit pas ce qui interdirait d'aller au Pakistan faire ses courses. Ils font ça depuis des siècles. Les Occidentaux ne comprennent pas que c'est un seul et même pays, que les frontières tracées au crayon sur les cartes des chancelleries occidentales n'ont aucun sens.] Encore plus suspects, certains de ces jeunes hommes n’ont pas des mains de cultivateurs et semblent murmurer des ordres aux anciens, aux vieux des villages, ce qui est contraire aux traditions rurales pachtounes. [Qui est juge de ce que sont les traditions pachtounes?] Mais si l’homme est « clair » aux différents tests, et en l’absence de preuve formelle, rien à faire. Le lieutenant Goble et ses hommes passent leur chemin, frustrés. Le policier afghan qui les accompagne, Sardar, un vieux moudjahidin [moudjahid. Moudjahidin, c'est le pluriel] pachtoun originaire de Jalalabad qui consacre sa vie à la traque des talibans, sourit. Lui non plus n’est pas dupe. [Et les villageois de rire après le passage de cette bande de sous-développés du bulbe, emberlificotés dans les règles changeantes formulées tous les six mois dans les couloirs du Pentagone.]

Entre-temps, le convoi a quitté Wazi Kwah. Les stations d’écoute captent de l’agitation dans les montagnes. « Amenez les lance-roquettes par ici ! » « Vous allez voir, dans dix minutes, une belle explosion ! » Goble et ses hommes foncent vers l’ennemi, de jour comme de nuit, en évitant routes et sentiers. Après un second report, l’assaut aérien de « Blackfoot » est, au troisième jour de l’opération, définitivement annulé, pour cause de mauvais temps. [Ils gagneront la guerre quand il fera beau!] Pendant que cent véhicules avancent péniblement à travers la passe de Gwashtah, sautant sporadiquement sur les explosifs enterrés pendant l’hiver et activés quelques heures avant leur passage, l’unité de Goble est donc désormais seule pour assurer la victoire militaire.

« Putains d’insurgés ! Ils nous évitent… », constate amèrement le sergent Boutot. Un « Joe » rebaptise l’opération, qui devait asseoir l’autorité du 501e sur la région de la passe de Gwashtah, « A la recherche du taliban invisible ». [C'était exactement pareil au Viêt-Nam: les Américains ne voyaient pas les Viêt Cong. Ou alors trop tard, au dernier moment. L'idéal de l'action militaire américaine est de voir l'ennemi de loin (dans les grandes plaines russes, par exemple) et de l'écraser par l'aviation avant que l'infanterie ait fait un pas en avant.]

Au terme de cinq jours de raids, de marches, d’incursions dans les villages, le bilan est clair : zéro taliban tué, deux « talibans » capturés. [C'est une opération. Ensuite les gens du pays et les talibans reviennent à leurs occupations. Les Américains ne peuvent pas être là tous les jours. Il faut qu'ils se reposent, qu'ils mènent une vie américaine dans leurs bases, avec douche, Coca, films et chat avec la famille. Pendant ce temps-là, qui est beaucoup plus long que l'autre, qui garde la montagne?] L’armée américaine a en revanche dépensé des dizaines de millions de dollars : outre le mouvement du convoi logistique et le déploiement de la compagnie « Comanche », il y a eu le passage fréquent d’avions de combat, le ballet des hélicoptères et des drones, les observations et liaisons satellite. [Les drones sont souvent pilotés à partir du Qatar ou de la Californie. On ne sait pas le prix d'une heure de vol.]

« Les insurgés sont intelligents. Ils comprennent nos mouvements et s’adaptent. Et ils évoluent sur leur terrain, dans leur pays, reconnaît le major Glasscock. Mais ne sous-estimons pas l’armée américaine. Nous aussi, depuis 2001, nous sommes adaptés aux guerres en cours. Cette guerre, nous la gagnerons. La clé est de combattre jusqu’à ce que la population lâche l’insurrection. » [Mais dans le système américain, le major fait un "tour" en Afghanistan d'un an. Il rentre aux Etats-Unis, remplacé par un type qui arrive de son Idaho ou de son Alabama natal, où il est pompiste, ou banquier. Et sans doute dans quelques mois, on lui demandera, à ce Glasscock, de retourner en Afghanistan, ailleurs, dans d'autres montagnes, face à des inconnus. Bref, la petite expérience du terrain, elle est perdue, systématiquement. C'est pourquoi ils sont condamnés à errer en aveugles à travers les montagnes où les gardiens de chèvres courent comme des lapins. Depuis 1945,  l'Amérique n'a pas gagné une seule vraie guerre. rappelez-vous Saigon, avril 1975; ils sont partis en courant, le drapeau sous le bras, la merde au cul...]